En 1990, le Conseil supérieur de la langue française proposa des « rectifications orthographiques », adoptées par l’Académie française comme « recommandations » (non-obligatoires). Ces modifications visaient à simplifier certaines anomalies historiques : supprimer le trait d’union dans certains mots composés (week-end → weekend, porte-monnaie → portemonnaie), simplifier les accents circumflexes sur i et u quand ils ne modifient pas le sens (coût → cout, paraître → paraitre, maître → maitre), uniformiser les pluriels des noms composés (des porte-monnaies → des portemonnaies), régulariser certains doublets (ognon pour oignon). Trente ans après, ces réformes sont appliquées dans certains manuels scolaires (programme officiel depuis 2016) mais restent majoritairement ignorées dans la presse, la littérature et l’usage quotidien. Des polémiques récurrentes (notamment « la réforme du trait d’union » et « l’accent sur i et u ») éclatent dans les médias français. Cette résistance illustre que l’orthographe est un marqueur identitaire et social fort — la modifier est perçu comme une atteinte à la culture. L’Angleterre a réussi des réformes orthographiques limitées au XXe siècle (programme vs programme), la France peine à faire accepter les siennes.
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