L’une des découvertes les plus surprenantes de la linguistique cognitive est que de nombreuses langues anciennes n’avaient pas de mot spécifique pour le bleu. Le linguiste Lazarus Geiger (1862) et le chercheur William Gladstone observèrent que l’Iliade et l’Odyssée d’Homère ne contiennent aucun mot pour « bleu » — la mer y est « couleur de vin » (oinops), le ciel n’est jamais appelé bleu. Des études similaires sur les textes hébreux anciens, les Vedas sanskrits et les textes chinois anciens confirment l’absence ou la rareté des termes pour le bleu. La théorie de Brent Berlin et Paul Kay (1969) propose une universalité dans l’ordre d’apparition des termes de couleurs : toutes les langues développent d’abord des mots pour noir/blanc, puis rouge, puis jaune/vert, et le bleu apparaît en dernier. Le mot français « bleu » vient du vieux bas francique germanique « *blao » — c’est un emprunt germanique, pas un mot latin (latin « caeruleus » pour bleu était peu usuel). En égyptien ancien, le bleu avait un terme (khsbḏ) car les Égyptiens utilisaient un pigment bleu artificiel — la seule culture ancienne à avoir un vrai mot courant pour le bleu en raison de leur industrie du lapis-lazuli.
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