Le français québécois est un trésor linguistique pour les historiens de la langue : il a conservé des mots, expressions et prononciations du français du XVIIe siècle (époque de la colonisation de la Nouvelle-France) qui ont disparu en France depuis longtemps. Des exemples : « maganer » (maltraiter — du français « maganer », abîmer, disparu en France), « itou » (aussi — de l’ancien français « et tout »), « tantôt » (tout à l’heure — encore usuel au Québec, vieilli en France), « icitte » (ici — de l’ancien français « ici » renforcé), « astheure » (maintenant — contraction de « à cette heure »), « char » (voiture — du latin « carrus », encore utilisé en québécois pour l’automobile alors que la France a adopté « voiture »), « bâdrer » (déranger — du français « badrer »), « mouiller » (pleuvoir — encore courant en certains patois français), « gricher » (grincer des dents — du vieux français « grinchir »). La prononciation québécoise est également plus proche du français du Grand Siècle : le son « oi » qui se prononce [wɛ] en France moderne se prononçait [wɛ] au XVIIe siècle (comme le québécois l’a conservé). Le « froid » était prononcé « fret » — toujours vivant en québécois.
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