La confusion sémantique autour du mot « dilemme » est l’une des plus répandues dans le français courant, même chez les personnes cultivées. Étymologiquement, « dilemme » vient du grec « dilemma » (di = deux, lemma = prémisse, argument) — c’est un raisonnement dans lequel on est enfermé entre DEUX alternatives également contraignantes. Un dilemme n’a que deux branches, deux « cornes » (d’où l’expression être « pris sur les cornes du dilemme »). Usage correct : « Je suis face à un dilemme : accepter cet emploi ou rester dans mon pays ». Usage incorrect (très fréquent) : « Je suis face à un dilemme : partir en Espagne, en Italie ou en Grèce » — ce n’est pas un dilemme mais un trilème (trois options) ou simplement un problème de choix. Des puristes signalent aussi l’abus de « dilemme cornélien » (pléonasme — tout dilemme est cornélien s’il est vrai) et de « faux dilemme » (forme de sophisme où l’on présente deux options comme exclusives alors qu’il en existe d’autres). Corneille lui-même, dans Le Cid, illustra parfaitement un vrai dilemme : l’honneur vs l’amour, choix entre deux obligations morales incompatibles.
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