Le mot « génie » en français (et « genius » en anglais) a une origine religieuse romaine fascinante. Dans la religion romaine, chaque homme avait un « genius » — un esprit ou divinité personnelle protectrice, semblable à un ange gardien, qui représentait la force vitale, la capacité procréatrice et les dons individuels de cet homme. Les femmes avaient leur équivalent : le « juno ». On rendait un culte au « genius » familial lors des fêtes et événements importants. Au Moyen Âge chrétien, ce concept fut transformé : le « genius » devint métaphoriquement les dons exceptionnels qu’un individu semblait avoir reçu d’une puissance divine. De là vient l’usage moderne de « génie » pour désigner une aptitude intellectuelle exceptionnelle. Le mot « génie » (au sens de créature surnaturelle de la lampe d’Aladin) vient d’une autre source : l’arabe « jinn » (djinn), êtres spirituels du Coran, que les traducteurs européens associèrent au mot latin « genius ». Cette confusion productive donna « génie de la lampe » pour le djinn de Mille et une Nuits. Du même latin « genius » vient également l’adjectif « génial » (qui relève du génie), mais aussi « ingénieux » et « ingénu » (qui a conservé son genius naturel, donc naïf).
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