Le mot « catastrophe » illustre comment des termes dramaturgiques grecs sont devenus des mots du quotidien. En grec, « katastrophē » (κατάστροφη) vient de « kata » (vers le bas) et « strephein » (tourner) — soit « renversement, retournement brutal ». Dans la dramaturgie grecque, la « catastrophe » désignait techniquement le dénouement final d’une tragédie, le moment où la situation se retourne (souvent vers le malheur). Aristote dans sa Poétique distingue la péripétie (retournement de situation) de la catastrophe (dénouement tragique). Le mot passa en français au XVIe siècle dans ce sens dramaturgique, puis s’étendit à tout événement désastreux. De la même famille grecque : « apastrophe » (figure rhétorique — apostrophe en français), « strophe » (du grec « strophē » = mouvement du chœur, puis section d’un poème), « antistrophe », « distrophe ». La théorie des catastrophes (mathématicien René Thom, 1972) étudie les discontinuités brutales dans les systèmes continus — rejoignant la théorie du chaos dans l’étude mathématique des transitions abruptes. Le vocabulaire de la dramaturgie grecque a considérablement enrichi le vocabulaire français des émotions et des événements.
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