Le mot français « bizarre » illustre parfaitement comment les mots changent de sens en voyageant d’une langue à l’autre. Il est emprunté à l’espagnol « bizarro » (XVIe siècle), lui-même probablement dérivé du basque « bizar » (barbe) ou de l’arabe « bahar » (brave navigateur). En espagnol, « bizarro » signifiait « courageux, vaillant, généreux » — sens entièrement positif. En passant en français, le mot a subi un glissement sémantique complet pour ne garder que son sens de « étrange, qui sort de l’ordinaire » — peut-être parce que les comportements très originaux et courageux semblaient « étranges » aux yeux d’observateurs moins audacieux. Ce phénomène de changement de sens lors des emprunts entre langues est courant. D’autres exemples : « candide » (latin « candidus » = blanc, brillant) en français prend le sens de naïf grâce à Voltaire ; « fantasme » perd son sens de vision réelle pour ne garder que l’irréel. Le français a emprunté massivement à l’espagnol, notamment aux XVIe et XVIIe siècles lors de la puissance de l’Empire espagnol.
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