Le Déluge sumérien, plusieurs siècles plus ancien que celui de la Bible, est raconté dans l’Épopée de Gilgamesh et d’autres textes cunéiformes. Le dieu Enlil, dieu des vents et de l’air et second dieu du panthéon sumérien, fut perturbé par le bruit et l’agitation incessants des humains qui l’empêchaient de dormir. Il convainquit l’assemblée des dieux d’envoyer un déluge pour exterminer l’humanité. Enki, dieu de la sagesse et ami des humains, contourna l’interdit en parlant à travers le mur de la maison du pieux Utnapishtim pour l’avertir de construire un bateau et d’y embarquer les semences de vie. Ce récit, avec ses similitudes frappantes avec Noé (arche, déluge universel, oiseau envoyé pour trouver la terre), préexistait à la Bible de plusieurs siècles et pose des questions fascinantes sur les origines des grands mythes fondateurs.
Catégorie : Fait mythologie
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Les dieux sumériens Anunnaki descendirent sur Terre depuis le ciel dans la mythologie mésopotamienne
Dans la mythologie sumérienne et babylonienne, les Anunnaki (littéralement ‘ceux du ciel vers la terre’) étaient les grands dieux du panthéon mésopotamien, au nombre de cinquante ou soixante selon les textes. Dirigés par An (le ciel), Enlil (le vent) et Enki (les eaux douces et la sagesse), ils gouvernaient le destin de l’humanité depuis leurs palais célestes. Enki, dieu de la sagesse et de la magie, joua un rôle crucial dans la création de l’humanité (formée d’argile mêlée de sang divin) et dans l’avertissement donné à Utnapishtim (le Noé sumérien) avant le Déluge. Les Anunnaki sont devenus au XXIe siècle la cible de théories pseudoscientifiques les présentant comme des extraterrestres, théorie popularisée par Zecharia Sitchin et universellement rejetée par les archéologues et sumériologues.
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Le dieu maya Itzamná régissait l’écriture et la médecine et était représenté comme un lézard
Itzamná (maison du lézard) était la divinité suprême du panthéon maya, père de tous les autres dieux. Créateur de l’écriture, du calendrier, des arts et de la médecine, il était l’inventeur de la culture maya. Représenté comme un vieux dieu de la sagesse parfois sous forme de lézard ou d’oiseau-serpent, il régnait sur le ciel diurne et était associé au cacao et au maïs, aliments sacrés. Sa femme Ixchel était la déesse de la lune, de la médecine et du tissage. Le peuple maya avait une relation complexe avec le temps : leur calendrier extrêmement précis (le Tzolkin de 260 jours et le Haab de 365 jours) était considéré comme sacré et directement lié aux cycles divins. La fin d’un grand cycle calendaire (le fameux 21 décembre 2012) signifiait non pas la fin du monde mais le début d’un nouveau cycle cosmique.
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Quetzalcoatl le serpent à plumes était le dieu de la civilisation et du vent chez les Aztèques
Quetzalcóatl (le serpent à plumes précieuses) est l’une des divinités les plus importantes et anciennes de Mésoamérique, vénérée par les Aztèques, les Toltèques et les Mayas (sous le nom de Kukulkán). Dieu du vent Ehecatl, de l’aube, de la connaissance et de la civilisation, il était représenté comme un serpent couvert de plumes de quetzal (oiseau sacré). Selon le mythe, Quetzalcóatl avait apporté aux humains le maïs, le calendrier, les arts et l’écriture avant d’être chassé par le dieu Tezcatlipoca. Il promit de revenir un jour de l’est sur son bateau de serpents. Certains historiens pensent que Hernán Cortès fut initialement confondu avec Quetzalcóatl à son arrivée en 1519, ce qui aurait facilité la conquête espagnole, bien que cette théorie soit aujourd’hui débattue.
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Les dieux aztèques exigeaient du sang humain pour que le soleil continue de se lever
La cosmologie aztèque reposait sur un principe fondamental : les dieux avaient sacrifié leur propre sang pour créer le monde et le soleil, et les humains leur devaient en retour le même sacrifice pour maintenir l’équilibre cosmique. Sans offrandes de sang humain, le soleil Tonatiuh n’aurait plus la force de se lever et le monde se serait arrêté. Cette croyance justifiait les sacrifices humains à grande échelle pratiqués à Tenochtitlan. Lors de l’inauguration du Grand Temple en 1487, des milliers de prisonniers furent sacrifiés en quatre jours. Les victimes étaient généralement des guerriers capturés au combat (les ‘guerres fleuries’ avaient pour objectif principal de capturer des prisonniers plutôt que de tuer). Leur mort était considérée comme honorable : ils accompagnaient le soleil dans sa course et renaissaient comme hummingbirds ou papillons.
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Quirinus était le dieu romain de la communauté civique incarné par Romulus après sa mort
Quirinus est l’une des trois divinités les plus anciennes de Rome avec Jupiter et Mars, formant la triade archaïque précapitoline. Dieu de la communauté des citoyens romains en temps de paix (les Quirites), il représentait le peuple romain organisé et civilisé par opposition aux soldats (Mars). Selon la tradition, Romulus, co-fondateur et premier roi de Rome, fut élevé au rang divin après sa mort ou disparition mystérieuse : les sénateurs qui l’avaient peut-être assassiné prétendirent qu’il avait été emporté au ciel par une tempête et identifié à Quirinus. Son temple était sur la colline du Quirinal (qui donna son nom à la résidence officielle des présidents de la République italienne). Cette assimilation du fondateur historique à une divinité est un mécanisme récurrent dans les mythologies du pouvoir politique.
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Janus dieu romain aux deux visages regardait simultanément le passé et le futur
Janus est l’une des divinités les plus originales et les plus spécifiquement romaines du panthéon antique, sans équivalent grec. Représenté avec deux visages regardant en sens opposés (l’un vers le passé, l’autre vers l’avenir), il était le dieu des commencements, des passages, des portes, des arcs et des transitions. Son mois, Januarius (janvier), ouvre l’année civile romaine. La ‘porte de Janus’, un passage voûté au Forum romain, était ouverte en temps de guerre et fermée en temps de paix. Les Romains avaient un rapport profondément rituel aux commencements : tout début d’entreprise, voyage, mariage ou action importante était placé sous sa protection. L’expression ‘être à double face’ ou ‘janusien’ pour qualifier quelqu’un d’ambigu ou de capable de voir les deux côtés d’une situation vient directement de cette divinité.
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Bellone déesse romaine de la guerre précédait Mars dans les batailles
Dans la mythologie romaine, Bellone (dont le nom vient du latin bellum, guerre) était une déesse de la guerre plus ancienne que Mars. Elle était représentée en armure, tenant un fouet de sang ou une torche enflammée, et précédait Mars sur les champs de bataille pour semer la terreur et allumer la furie guerrière. Son temple romain sur le Champ de Mars était le lieu symbolique où les généraux recevaient leurs missions militaires et où les ambassadeurs étrangers étaient reçus, car ils n’avaient pas le droit d’entrer dans Rome proprement dite. La ‘colonne bellique’ devant son temple servait à lancer symboliquement une javeline en déclarant la guerre à un ennemi. Ses prêtres, les Bellonaires, s’infligeaient des blessures rituelles pour offrir leur sang à la déesse et entrer en transe prophétique.
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Ganymède fut enlevé par Zeus transformé en aigle pour devenir l’échanson des dieux
Ganymède était le plus beau des mortels selon la mythologie grecque, fils du roi de Troie Tros. Zeus, émerveillé par sa beauté, se transforma en aigle et l’enleva alors qu’il gardait les troupeaux de son père sur le mont Ida. Il l’emmena sur l’Olympe pour en faire son échanson personnel (celui qui verse les boissons aux dieux) et lui accorda l’immortalité. En compensation à sa famille, Zeus offrit au père deux chevaux divins et une vigne d’or. Ganymède fut ensuite placé dans les étoiles sous la constellation du Verseau. Ce mythe, l’un des premiers récits d’amour entre un homme et un jeune garçon dans la littérature occidentale, reflète les pratiques pédérastiques des cités grecques (relation formative entre un adulte et un adolescent). Ganymède a donné son nom à Ganymède, la plus grande lune de Jupiter (Zeus).
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Le labyrinthe de Dédale fut inspiré d’un vrai palais minoen en Crète découvert en 1900
L’archéologue britannique Arthur Evans découvrit en 1900 le palais de Knossos en Crète, vaste complexe de 1 300 pièces datant d’environ 1 700 avant notre ère. La complexité extraordinaire de ce palais, avec ses couloirs labyrinthiques, ses multiples niveaux, ses puits de lumière et ses fresques représentant des taureaux (les célèbres ‘taureaux sauteurs’), convainquit les chercheurs d’avoir trouvé l’inspiration historique du mythe du Labyrinthe et du Minotaure. Le nom ‘labyrinthe’ proviendrait lui-même du mot minoen ‘labrys’ (la double hache, omniprésente dans le palais comme symbole sacré). La civilisation minoenne, qui régnait sur la Méditerranée orientale, disparut mystérieusement vers 1 400 avant notre ère, peut-être à cause de l’éruption volcanique de Santorin, l’une des plus puissantes de l’histoire.

