Le verbe « être » est le plus irrégulier de toute la langue française — et de la plupart des langues du monde. Au présent seul : je suis, tu es, il est, nous sommes, vous êtes, ils sont — six formes radicalement différentes venant de trois verbes latins distincts fusionnés : « esse » (être), « sedere » (être assis, siéger) et « stare » (se tenir debout). « Suis » vient de « sum » (esse), « es » de « es » (esse), « est » de « est » (esse), « sommes » de « sumus » (esse), « êtes » de « estis » (esse), « sont » de « sunt » (esse). À l’imparfait (étais, était), au futur (serai), au subjonctif (sois, soit, soient), au participe (été), l’irrégularité continue. Ce phénomène est universel : dans toutes les langues, les verbes les plus irréguliers sont les plus fréquents (être, avoir, aller, faire en français ; to be, to have, to go en anglais ; sein, haben en allemand). L’irrégularité survit précisément parce que ces verbes sont si fréquemment utilisés qu’ils résistent à l’analogie régularisatrice. Les enfants qui apprennent le français font systématiquement les mêmes « erreurs analogiques » : « j’avais étéé » (en surextension de la règle du participe passé).
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