Le mot « ordinateur » est un cas emblématique de la politique linguistique française de néologisme planifié. En 1954, IBM cherchait un nom français pour son nouvel appareil de calcul électronique (computer en anglais). La compagnie demanda l’avis du latiniste Jacques Perret, professeur à la Sorbonne, qui proposa « ordinateur » — du latin « ordinator » (celui qui met de l’ordre, qui organise) et du verbe « ordinare » (ordonner, ranger). IBM adopta le terme et il s’imposa rapidement en France. Contrairement à la plupart des langues qui ont simplement emprunté l’anglais « computer » (espagnol « computador/ordenador », allemand « Computer », japonais « konpyūtā »), le français créa un terme original entièrement latinisant. Cette politique de « purisme linguistique » ou « défense de la langue française » est institutionnalisée par la loi Toubon de 1994, qui impose l’usage du français et de ses équivalents officiels dans les documents officiels, la publicité, les étiquettes et l’enseignement public. Des équivalents officiels : courriel (email), logiciel (software), pare-feu (firewall), clavardage (chat), baladeur (walkman), moteur de recherche (search engine).
💡 En savoir plus 👇

