Des études sur des bébés de 6 mois, bien avant toute exposition culturelle potentielle à la peur des araignées, montrent que leur pupille se dilate (signe d’alerte) plus fortement face à des images d’araignées et de serpents qu’à d’autres images de taille et de complexité visuelle similaires. Ce résultat, publié dans Frontiers in Psychology en 2017, suggère que la vigilance accrue face à certains animaux dangereux pour nos ancêtres (araignées venimeuses, serpents) est partiellement codée génétiquement. La phobie clinique des araignées reste largement acquise, mais une base innée de sensibilité accrue existe.
Catégorie : Fait psychologie
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Les enfants apprennent leur première langue en moins de 3 ans sans instruction formelle
L’acquisition du langage chez l’enfant est l’une des prouesses cognitives les plus remarquables de l’espèce humaine. En moins de 3 ans, sans cours, sans grammaire et sans instruction explicite, un enfant normal maîtrise les structures fondamentales de sa langue maternelle : phonologie, morphologie, syntaxe de base, vocabulaire de plusieurs centaines de mots. Le linguiste Noam Chomsky a proposé l’existence d’un « dispositif d’acquisition du langage » (LAD) inné, une prédisposition biologique spécifique à l’humain. Cette acquisition se déroule dans une « fenêtre critique » qui se ferme progressivement après la puberté.
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Le sens de l’humour est l’un des prédicteurs les plus fiables du QI
Des études ont montré une corrélation significative entre l’intelligence générale (QI) et la capacité à produire (mais pas nécessairement à apprécier) de l’humour. L’humour, notamment les formes sophistiquées comme l’ironie, le jeu de mots et l’humour absurde, requiert des capacités cognitives complexes : la flexibilité de pensée, la rapidité de traitement, la théorie de l’esprit et la créativité sémantique. Une étude autrichienne de 2017 publiée dans Cognitive Processing a trouvé que les personnes obtenant les meilleurs scores d’humour noir (dark humor) avaient également des QI verbaux et non-verbaux plus élevés et des traits de personnalité moins agressifs.
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Les êtres humains ont naturellement peur de la nouveauté et de l’incertitude
La néophobie (peur du nouveau) et l’intolérance à l’ambiguïté sont des tendances cognitives universelles ancrées dans l’évolution. Notre cerveau est câblé pour préférer la certitude à l’incertitude : des études de neurosciences montrent que l’incertitude active les mêmes circuits que la douleur. Dans des expériences économiques, les gens préfèrent une perte certaine de faible montant à une probabilité de grande perte, même quand l’espérance mathématique favorise l’incertitude. Cette aversion à l’incertitude alimente la procrastination, la résistance au changement et les biais de statu quo dans les organisations.
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Le sommeil est indispensable à la consolidation de la mémoire
Le sommeil ne sert pas seulement à reposer le corps : il joue un rôle irremplaçable dans la consolidation mémorielle. Pendant le sommeil lent profond, l’hippocampe « rejoue » les événements de la journée en accéléré et transfère les informations vers le cortex pour un stockage à long terme. Pendant le sommeil REM, les connexions synaptiques liées aux apprentissages moteurs et émotionnels sont renforcées. Des études montrent qu’une nuit de sommeil après l’apprentissage améliore la mémorisation de 20 à 40% par rapport à rester éveillé le même temps. Réviser puis dormir est bien plus efficace que réviser deux fois sans dormir.
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L’état de flow est atteint plus facilement dans une routine
Paradoxalement, même si les nouvelles expériences sont importantes pour le bonheur à long terme, l’état de flow (absorption totale dans une activité) est plus facilement atteint dans un contexte de routine. La routine réduit la charge cognitive liée à l’environnement et aux décisions périphériques, libérant des ressources attentionnelles pour la tâche principale. C’est pourquoi de nombreux artistes, écrivains et musiciens créatifs maintiennent des rituels matinaux rigides : cette stabilité environnementale favorise l’entrée en état de flow. Des compositeurs comme Beethoven et Mozart avaient des routines quotidiennes très structurées.
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Parler seul à voix haute est un signe d’intelligence
Contrairement à la stigmatisation sociale dont elle fait l’objet, la pratique de se parler à soi-même à voix haute (self-talk) est associée à de meilleures performances cognitives dans plusieurs domaines. Des études ont montré que se rappeler verbalement les caractéristiques d’un objet qu’on cherche (« je cherche mes clés, elles sont rouges ») améliore la recherche visuelle. Les enfants qui se donnent des instructions verbales pendant des tâches complexes apprennent plus vite. Des athlètes d’élite utilisent le self-talk comme technique de performance. Ce phénomène a été théorisé par Lev Vygotsky comme « discours privé », étape importante du développement cognitif.
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Le cerveau traite la douleur du rejet social comme une douleur physique
Des études d’imagerie cérébrale (IRMf) de Naomi Eisenberger et Matthew Lieberman ont montré que l’exclusion sociale et le rejet activent le cortex cingulaire antérieur dorsal (dACC) et l’insula, les mêmes régions impliquées dans la douleur physique. En 2010, des chercheurs ont découvert que le paracétamol (Tylenol) réduit significativement la douleur sociale du rejet, de la même façon qu’il réduit la douleur physique. Cette évidence neurologique confirme que l’expression « tu m’as blessé » lors d’un rejet est plus qu’une métaphore : c’est une réalité neurologique.
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Les rêves sont souvent en noir et blanc chez les personnes âgées
Des recherches ont montré que les personnes ayant grandi à l’ère de la télévision en noir et blanc (avant les années 1960) rapportent rêver en noir et blanc dans environ 25% des cas, contre moins de 5% pour les personnes de moins de 25 ans. Des psychologues comme Eva Murzyn ont confirmé que l’exposition à des médias en noir et blanc durant l’enfance influence le contenu chromatique des rêves tout au long de la vie. Ce résultat suggère que les rêves ne sont pas générés de toutes pièces par le cerveau, mais sont influencés par les expériences sensorielles accumulées.
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Les humains sont intrinsèquement altruistes, pas seulement égoïstes
Contrairement à la vision darwinienne simpliste de l’humain comme être purement égoïste, des décennies de recherche en psychologie évolutive et en économie comportementale montrent que les humains sont intrinsèquement disposés à l’altruisme et à la coopération. Des jeux économiques (ultimatum game, bien commun) montrent que les gens rejettent des offres financièrement avantageuses mais perçues comme injustes, au prix d’un coût personnel. Les nourrissons de 18 mois aident spontanément des adultes en difficulté sans être récompensés. L’altruisme et la réciprocité semblent être des adaptations évolutives fondamentales pour la survie en groupe.

