En 1985, l’astronaute américain Loren Acton emporta à bord de la navette spatiale Challenger une petite pièce osseuse du Maiasaura peeblesorum (un fragment d’os et une coquille d’œuf) lors de la mission Spacelab 2. C’est ainsi que des restes de dinosaures ont littéralement voyagé dans l’espace. Le Maiasaura lui-même est un dinosaure remarquable découvert en 1978 dans le Montana par John Horner (qui servit de modèle scientifique pour Jurassic Park), et son nom signifie ‘mère lézard’ en référence aux preuves de soins parentaux trouvées dans les nids. Des œufs, juvéniles et adultes furent retrouvés ensemble dans un immense site de nidification (nommé ‘Egg Mountain’) contenant plusieurs centaines de nids. Les juvéniles avaient des os encore mous et incomplets, prouvant qu’ils dépendaient de la nourriture apportée par les parents dans le nid, comme les oiseaux nidicoles.
Catégorie : Fait dinosaures
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Les dinosaures à sang chaud étaient plus nombreux que les dinosaures à sang froid
La question du métabolisme des dinosaures — étaient-ils des ectothermes (‘sang froid’, comme les reptiles) ou des endothermes (‘sang chaud’, comme les oiseaux et mammifères) — a été l’un des grands débats de la paléontologie du XXe siècle. Les preuves accumulées depuis les années 1960 (Ostrom, Bakker) indiquent que la majorité des dinosaures, notamment les théropodes et les ornithopodes, étaient des mésothermes ou endothermes, avec une génération de chaleur interne et des taux métaboliques élevés. Des études de la structure interne des os (ostéons secondaires rapides comme chez les oiseaux, pas d’anneau de croissance lente comme chez les reptiles actuels) confirment une croissance rapide compatible avec un métabolisme élevé. Les sauropodes géants pouvaient être géothermes (maintien de la chaleur par leur masse corporelle immense), une forme intermédiaire. Seuls quelques groupes comme les ankylosauriens pourraient avoir eu des métabolismes plus lents.
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Le cœur d’un Brachiosaurus adulte devait peser environ 400 kg
Les contraintes physiologiques des sauropodes géants fascinaient les paléontologues et les biologistes depuis des décennies. Pour pomper le sang jusqu’à la tête du Brachiosaurus, hissée à 13 mètres de hauteur, son cœur devait générer une pression sanguine considérable. Des calculs basés sur la physique vasculaire suggèrent que son cœur devait peser entre 200 et 400 kg et développer une pression artérielle plusieurs fois supérieure à celle d’une girafe (qui a déjà la plus haute pression artérielle des mammifères actuels). Certains paléontologues ont proposé que les sauropodes ne levaient pas leur cou verticalement mais le maintenaient horizontal (comme un pont) pour éviter ces contraintes cardiovasculaires. Des études récentes de biomécanique cervicale suggèrent cependant que leurs cous étaient naturellement tenus en position oblique à 45-60 degrés.
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Le Therizinosaurus avait les griffes les plus longues de tout le règne animal
Therizinosaurus cheloniformis, découvert au Kazakhstan et en Mongolie et daté du Crétacé supérieur (70 millions d’années), possédait les plus longues griffes jamais attestées dans tout le règne animal : ses griffes de l’avant-bras pouvaient dépasser 90 cm de longueur. Ce géant de 9-10 mètres appartenait à un groupe étrange de théropodes herbivores (les Thérizinosaures), proches des maniraptores carnivores mais ayant secondairement évolué vers un régime végétal avec un ventre large pour fermentation et des griffes massives probablement utilisées pour ramener les branches vers la bouche, comme un paresseux géant. Son nom signifie ‘lézard à la faucille’. Longtemps connu seulement par ses griffes fossiles, qui furent initialement décrites comme appartenant à une gigantesque tortue, son image complète ne fut établie qu’à partir des années 1990 grâce à de nouveaux spécimens.
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La France a livré d’importants fossiles de dinosaures en Provence et dans le Lot
La France est un pays productif en fossiles de dinosaures, bien que moins médiatisé que l’Amérique du Nord ou la Chine. En Provence (Var, Bouches-du-Rhône), les marnes du Crétacé supérieur ont livré de nombreux ossements de sauropodes titanosaures, de rhabdodontidés (dinosaures à bec ornithopodes européens), d’ankylosauridés, de nodosauridés et des milliers d’œufs de dinosaures dans les Alpilles et autour de Rognac. Le Parc du Luberon est l’une des zones les plus riches d’Europe en œufs de dinosaures. Dans le Lot et la Charente, des traces de pas de sauropodes et théropodes ont été découvertes dans les calcaires jurassiques. À Mèze (Hérault), un musée entièrement dédié aux dinosaures abrite l’une des plus grandes collections françaises. Des empreintes de sauropodes visibles dans des dalles de calcaire existent à Saint-Geniès-de-Malgoirès dans le Gard.
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Le Giganotosaurus d’Amérique du Sud rivalise avec le T-Rex pour le titre de plus grand prédateur
Giganotosaurus carolinii, découvert en Patagonie (Argentine) en 1993 et daté d’environ 99-97 millions d’années, est l’un des plus grands dinosaures carnivores terrestres avec une longueur estimée à 12-13 mètres et un poids de 6-8 tonnes. Il dépasse légèrement le T-Rex en longueur absolue, mais le T-Rex était plus massif et avait une morsure bien plus puissante. Le crâne du Giganotosaurus, de 1,65 mètre de longueur, est l’un des plus grands crânes de carnivore terrestre connus, mais ses dents étaient plus plates et tranchantes (pour trancher la chair) tandis que celles du T-Rex étaient coniques (pour broyer les os). Contemporain des grands sauropodes titanosaures d’Amérique du Sud, il chassait probablement ces géants en meute selon une étude de 2021. La question de qui, du Giganotosaurus ou du T-Rex, était ‘le plus grand prédateur’, dépend du critère retenu.
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Les os des dinosaures sauropodes étaient creux comme ceux des oiseaux pour réduire leur poids
L’une des adaptations les plus remarquables des dinosaures sauropodes géants (Brachiosaurus, Diplodocus, Argentinosaurus) est la pneumatisation de leurs os : leurs vertèbres et os des membres contenaient d’importantes chambres d’air reliées à des sacs aériens, comme les oiseaux modernes. Cette architecture osseuse ‘en nid d’abeille’ (appelée ostéologie pneumatique) réduisait drastiquement le poids du squelette sans sacrifier sa résistance structurelle. Dans certains sauropodes, les vertèbres cervicales n’étaient composées que de 30-40% d’os solide, le reste étant de l’air. Cette adaptation est partagée avec les théropodes carnivores et les oiseaux, confirmant leur parenté. Sans cette légèreté osseuse, les plus grands sauropodes n’auraient probablement pas pu se soutenir : leur squelette ‘plein’ aurait été trop lourd pour que leurs muscles puissent le déplacer.
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Le Carnotaurus avait des cornes de taureau et les bras les plus courts du monde dinosaurien
Carnotaurus sastrei, découvert en Argentine et daté d’environ 70-71 millions d’années, est l’un des dinosaures les plus étranges de l’hémisphère sud. Son nom signifie ‘taureau de chair’ car il était le seul grand théropode carnivore connu à posséder deux vraies cornes osseuses (15 cm) sur le front, au-dessus des yeux, comme un taureau. Ses membres antérieurs étaient encore plus réduits que ceux du T-Rex : ses avant-bras avaient pratiquement disparu, laissant des membres presque vestigiaux avec quatre doigts courts non-fonctionnels. Paradoxalement, ses membres postérieurs étaient très bien développés, suggérant une grande vitesse de course : des estimations biomécaniques suggèrent qu’il pouvait atteindre 48 km/h. Sa peau fossilisée (découverte avec le squelette) révèle des écailles coniques arrondies disposées en rangées, sans plumes. C’est l’un des rares grands théropodes dont on connaît la texture de peau.
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Le Archaeopteryx est le fossile de transition le plus célèbre entre dinosaures et oiseaux
L’Archaeopteryx lithographica, découvert en Bavière en 1861 (deux ans après la publication de L’Origine des espèces de Darwin), est le fossile de transition le plus célèbre de l’histoire de la paléontologie. Vivant il y a 150 millions d’années, il combine des caractéristiques de dinosaures (dents, griffes sur les ailes, longue queue osseuse) et d’oiseaux (plumes asymétriques permettant le vol, clavicule en V — fourchette). Pendant 150 ans, il fut considéré comme ‘le premier oiseau’. Des découvertes plus récentes en Chine (Anchiornis, Aurornis, Xiaotingia) ont montré que de nombreux dinosaures avaient évolué vers des formes similaires à l’Archaeopteryx. Aujourd’hui, les paléontologues débattent de sa position exacte dans l’arbre évolutif : était-il un dinosaure non-avien, un oiseau primitif, ou un membre d’un groupe latéral qui n’a pas donné les oiseaux modernes ?
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Le Dreadnoughtus est l’un des plus grands dinosaures dont on a mesuré la taille précisément
Dreadnoughtus schrani, découvert en Patagonie (Argentine) en 2014, est l’un des dinosaures dont la taille a pu être estimée avec le plus de précision grâce à l’excellente préservation de son squelette (70% des os trouvés). Il mesurait environ 26 mètres de long et pesait environ 65 tonnes selon l’étude originale (révision à la baisse vers 40-50 tonnes dans certaines estimations ultérieures). Son nom ‘Dreadnoughtus’ (‘qui ne craint rien’) est inspiré des cuirassés de la Première Guerre mondiale, suggérant un animal si grand qu’il n’avait aucun prédateur naturel à craindre à l’âge adulte. Cet individu n’était pas encore adulte au moment de sa mort, ce qui suggère que des individus encore plus grands pouvaient exister. Le fait d’avoir 70% du squelette est exceptionnel : la plupart des grands sauropodes ne sont connus que par quelques os épars.

