Le mot « carnaval » révèle l’importance du calendrier liturgique chrétien dans la structuration du vocabulaire européen médiéval. Il vient du latin médiéval « carne vale » ou « carnelevale » (d’attestation discutée) — soit « adieu à la viande » (carne = viande, valere = aller bien, se valoir… ou vale = au revoir). Le carnaval désignait la période festive précédant immédiatement le Carême (quarante jours de jeûne et de pénitence avant Pâques), pendant laquelle on mangeait de la viande en abondance avant la longue privation obligatoire pour les chrétiens médiévaux. Les excès, les déguisements et les inversions sociales du carnaval (le pauvre déguisé en noble, les tabous levés) représentaient le dernier défoulement avant la mortification corporelle chrétienne. Cette étymologie « adieu à la viande » n’est pas universellement acceptée — d’autres étymologistes proposent « carne levare » (enlever la viande) ou une origine celtique. Le carnaval de Venise (XIIIe siècle), de Rio, de Notting Hill ou de Nice conservent chacun des formes différentes de cette tradition d’inversion festive pré-carême. Le mot « carne » (viande) vient du latin « caro/carnis » donnant aussi : charnel, incarné, charnu, charnier, charnier, carnivore.
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